mardi 26 mai 2015

Pierre Du Moulin – Lettre à ses fils



En lisant la thèse de Hartmut Kretzer consacrée aux rapports entre le calvinisme et la monarchie française au XVIIe siècle, je suis tombé sur une citation extraite d’une lettre que le pasteur Pierre Du Moulin (1568-1658) a envoyée à ses fils Pierre, Louis et Cyrus après avoir échappé de peu à la mort, en 1649. 

La lettre nous a été conservée en préface à la huitième décade de sermons du grand polémiste calviniste. 

Ce testament spirituel de Pierre Du Moulin est un document à la fois édifiant et touchant et vaut la peine d’être lu, à plus d’un titre. 

Vous pouvez télécharger une version mise à jour, par rapport à l’orthographe, et annotée par mes soins (ici). 

Sur mon blog consacré à la grande prédication française, vous trouverez également le facsimile de 1649 (ici).

dimanche 24 mai 2015

Laurent Drelincourt - La découverte du Nouveau Monde




Laurent Drelincourt (1625-1680) réfléchit sur les Amériques :

Que ta faible raison cède à l’expérience :
Ecole détrompée, ouvre aujourd’hui les yeux :
Vois le double hémisphère, environné des cieux ;
Et d’un si vaste tour admire l’excellence. 

Tu me blesses le cœur, nouvelle connaissance.
Dans un monde nouveau, je trouve un monde vieux ;
Vielle race d’Adam, esclave des faux dieux ;
Rebelle au Créateur, objet de sa vengeance.

Toi, qui fis le soleil, en formant l’univers,
Répands, par ton Esprit, sur ces peuples divers, 
Du mystique soleil la clarté salutaire.

Que la croix de leur ciel leur serve d’un flambeau,
Qui les mène à Jésus, mourant sur le calvaire :
Et les rechange encore en un monde nouveau.


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Aussi publié sur mon site consacré à la grande prédication chrétienne (ici).

Vous y trouverez également le facsimile de 1680.

mardi 18 février 2014

Laurent Drelincourt - Sur la création du monde (2)



Laurent Drelincourt (1625-1680) se délecte de la bonté du Créateur :

Seigneur, n’avais tu pas, de toute éternité,
Sur ton auguste front, un pompeux diadème ?
Et ne vivais-tu pas, dans ta grandeur suprême ?
Revêtu de lumière et d’immortalité ?

Quel bien te manquait-il, dans ta divinité ?
Ton pouvoir, ton bonheur, n’était-il pas extrême ?
Et ne trouvais-tu pas, sans sortir de toi-même,
Tes délices, ta gloire et ta félicité ?

Mais qui te porta donc, ô puissance très-sage,
A tirer du néant ce merveilleux ouvrage,
Cette basse machine, et ce haut firmament ?

C’est ta seule bonté qui fit la créature :
Tu voulus, Dieu très-bon, marquer en la formant,
Sur l’œuvre de tes mains les traits de ta nature.


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Aussi publié sur mon site consacré à la grande prédication chrétienne (ici).

Vous y trouverez également le facsimile de 1680.

lundi 27 janvier 2014

Jean Monod (1765-1836) - son seul sermon publié




Sermon d’action de grâces pour la paix, 

 et de commémoration de la mort de Louis XVI  

 

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Contexte 

Comme le note Julien Monod dans sa note introductive à ce sermon, publiée dans l’ouvrage « Cent cinquante ans après » (1943), le sermon, prononcé le 26 juin 1814, est un discours officiel, commandé par une circulaire du Ministre de l’Intérieur et des Cultes ; la note précise qu’« à cette date, on était encore dans l’étonnement et l’émoi des événements, si rapides, qui avaient marqué la ruine de l’Empire et le retour des Bourbons ». 

(Pré)texte 

Luc 2.14 – Paix sur la terre ! 

Résumé 

Jean Monod part du spectacle affligeant qu’offrent les peuples en guerre. Il s’étonne que même des chrétiens puissent s’abandonner à de telles fureurs, alors que la religion de Jésus-Christ ne respire que la paix. Hélas, le vœu de paix des anges de Bethlehem n’a été exaucé que rarement. C’est d’autant plus réjouissant d’assister au retour de la paix après tant de violences et de malheurs. 

Le prédicateur se rappelle les terribles jours de guerre et les contraste avec la paix retrouvée. Mais il ne veut pas se contenter de cette comparaison superficielle ; il dirige les regards de son auditoire vers la providence de Dieu qui s’exprime à travers les événements récents. Pour lui, la France s’est rendue coupable de grands crimes contre ses citoyens et contre son roi, ce qui explique que la justice divine se soit abattue sur elle. Maintenant, le temps de la miséricorde de Dieu est arrivé, mais aussi le temps de commémorer les forfaits du passé. Monod exprime sa profonde estime pour le roi Louis XVI, qu’il considère comme « un modèle de pureté, de modestie, d’une piété douce et sincère, qui, sur le trône fut le meilleur des hommes, et, sur l’échafaud, le plus grand », ainsi que pour son épouse Marie-Antoinette, victime comme lui de la Révolution. Le prédicateur voit encore la providence divine dans le retour des Bourbons sur le trône de France. Pour lui, la cause de la famille royale est « celle de la justice, de l’ordre et de la morale ». 

Dans la seconde partie du sermon, Monod envisage l’avenir. Il voit dans la paix présente une occasion grandiose de poser les fondements d’une paix durable. Pour récolter un tel fruit, il appartient à chacun d’en répandre la semence, car les phénomènes de société ont leur racine dans le comportement des individus qui constituent cette société. Monod concède la possibilité d’une guerre juste, mais il affirme que la société qui serait le moins exposée aux guerres est celle dont la conduite est vertueuse, autrement dit « la nation où ces sentiments d’équité, de droiture, de modération régneraient dans toutes les âmes parce qu’ils formeraient l’esprit public, dirigeraient les conseils du Souverain, comme les affaires des particuliers … » En vivant de manière vertueuse, les citoyens contribuent donc à l’harmonie universelle. Pour le prédicateur, la religion seule peut constituer une base solide pour la morale. Les chefs des nations devraient donc s’inspirer des leçons de Jésus s’ils veulent bien conduire le monde : « qu’ils viennent dans les temples adorer le Dieu de bonté, et pourront-ils ensuite, de sang froid, envoyer ses enfants à la mort ? » Monod rappelle l’attitude de Louis XVIII, prince religieux, ainsi que l’effet bienfaisant de la religion sur les soldats étrangers. Pour lui, c’est la religion qui doit former le liant entre les peuples, entre les hommes et entre le ciel et la terre. Les leçons terribles du passé devraient donc servir au profit de la religion et de la vertu. 

Dieu a agi, maintenant c’est aux hommes de s’inscrire dans le même mouvement. La conclusion consiste donc en une série d’invitations. Monod demande d’abord à Louis XVI de veiller sur les Français du haut des cieux. Il invite Louis XVIII à suivre les instructions de son ancêtre et implore les bénédictions divines sur lui et sur les princes entourant le roi. Il invite les guerriers à soutenir l’état et le roi. Les pasteurs, eux, doivent lutter sans pitié contre le vice et l’impiété. Les protestants doivent être des citoyens exemplaires et mettre de côté toute animosité envers les autres cultes. Monod demande aux parents d’offrir à leurs enfants une éducation chrétienne qui en fera de bons citoyens. Pour le pasteur, la première cause des malheurs de la France était « le relâchement des mœurs, l’oubli de la religion, les progrès du luxe et de la vanité, la passion toujours croissante des plaisirs et des richesses ». La prospérité ne reviendra donc que si les vertus renaissent. L’œuvre de la providence ne saurait aboutir sans le concours de tous ; la régénération de l’état commence dans les cœurs. 

Structure 

Le sermon est assez nettement structuré : 

Introduction : la paix après les horreurs de la guerre
  1. Le passé – façonné par la providence de Dieu
  2. L’avenir – à façonner par la conduite vertueuse de l’homme
Conclusion : invitation à une vie vertueuse 

Particularités 

Jean Monod est un homme des Lumières, résolument optimiste quant aux bienfaits de la civilisation et les ressources de l’homme, notamment sa raison et sa vertu. Pour lui, la religion est « le garant le plus assuré [des] vertus publiques et privées » et contribue « à ce grand but de tous, le progrès de la vertu … ». On a là affaire à une religion dont le cœur n’est pas dans la rédemption opérée à Golgotha mais une aspiration à une vie vertueuse et une lutte ferme contre le vice sous toutes ses formes. On devine le gouffre qui séparait Jean Monod de ses fils qui s’étaient inscrit dans le Réveil. Philippe Vassaux a sans doute raison lorsqu’il dit que Jean Monond « peut être considéré comme tout à fait représentatif de la tendance pré-libérale qui insiste beaucoup sur la nécessité d'une morale chrétienne ». 

Eléments de rhétorique 

Il nous semble que Jean Monod n’use pas beaucoup des techniques de la rhétorique. Ceci dit, même si à la lecture son langage peut paraître quelque peu ampoulé par endroits, il s’avère assez efficace à l’écoute. A noter aussi une conclusion assez incisive où Monod enchaîne des recommandations à des groupes de personnes assez divers, en allant du roi jusqu’au simple citoyen, en passant par les hommes de pouvoir, les soldats, les pasteurs et les fidèles. 

Pourquoi ce sermon vaut la peine d’être lu 

Outre le fait que c’est le seul sermon de Jean Monod en notre possession (sauf erreur, les sermons détenus par la bibliothèque de Genève n’ont jamais été publiés), c’est un bel exemple d’une prédication politique engagée, au soutien du pouvoir. Monod est légitimiste, et il ne se prive pas de le faire savoir. C’est assez rare de voir un homme d’Eglise se rallier à une cause politique avec autant de netteté. Le sermon est aussi utile pour mieux comprendre la rupture entre la prédication des Lumières et celle du Réveil, et pourquoi le jeune Adolphe Monod était si bouleversé par sa découverte de la différence entre le vice et ce que la Bible appelle le péché. 

Faiblesses

A notre avis, Monod pèche par excès. Sa vénération pour Louis XVI semble excessive, le portrait qu’il en dresse est celui d’un saint. Même en tenant compte des exigences de l’éloge funèbre (de mortuis nihil nisi bene), cela va trop loin. Les sommets sont atteints lorsqu’il invite le roi à veiller sur la France du haut des cieux. Cela nous semble aller trop loin dans l’idéalisation. On peut se demander si le pasteur ne trahit pas le rôle du prédicateur quand il étale ses convictions personnelles politiques. 

Il faut cependant se souvenir qu’il s’agit d’une prédication commandée par l’état ; il ne faudrait pas juger Jean Monod sur ce morceau sans doute assez atypique dans son œuvre. 

Réception 

Nous ignorons comment ce sermon a été reçu au temps de Monod, mais les lecteurs modernes sont quelque peu embarrassés. 

Julien Monod note en 1943 que le sermon « n’est pas seulement une homélie de commande et un Te Deum obligatoire » et poursuit : « Légitimiste convaincu, pour des raisons d’ordre à la fois politique, moral et religieux, c’est avec une satisfaction sincère [que Jean Monod] célèbre la fin des guerres de l’Empire, la paix rendue à la France et à l’Europe, et le rétablissement des Bourbons. Son discours de 1814 apparaît comme la suite et la conclusion de plusieurs sermons antirévolutionnaires qu’il avait prêchés à Genève et à Copenhague, de 1792 à 1800. » 

Philippe Vassaux dit dans un article sur Jean Monod, publié sur le site de l’Eglise de l’Oratoire : « L’avènement de Louis XVIII est salué avec reconnaissance dans certains milieux protestants car il apporte la paix. Quinze ans plus tard, [Jean Monod] se félicite du nouvel ordre instauré par Louis-Philippe. Les sincérités excessives des pasteurs parisiens au début du XIXe siècle nous surprennent quelque peu aujourd’hui ! » 

Egalement publié sur mon site consacré à Adolphe Monod (ici).

On y trouve également le texte tel que publié en 1943 ainsi qu’un enregistrement audio.

vendredi 27 décembre 2013

Charles Drelincourt – Pourquoi la mort nous effraie


 


Dans le sixième chapitre des Consolations Charles Drelincourt pose la question pourquoi la mort nous effraie, afin de pouvoir y remédier. Il dresse une liste de dix-huit raisons :
  • Nous ne pensons pas assez souvent à notre propre mort.
  • Nous vivons comme si elle était encore loin et nous évitons son contact, ce qui fait que nous perdons nos moyens quand la mort frappe à notre porte.
  • Nous perdons de vue que Dieu est souverain aussi sur notre mort et qu’elle nous frappe quand il le veut.
  • Nous nous attachons trop aux choses de ce monde, surtout quand il est temps de préparer notre mort.
  • Nous vivons mal, ce qui fait que nous ne sommes pas prêts quand la mort arrive.
  • Nous ne faisons pas confiance à la providence de Dieu et avons l’impression que le monde a besoin de nous.
  • Nous avons peur d’abandonner notre corps et nous manquons de confiance en Dieu.
  • Nous nous faisons une fausse image de Dieu, en le voyant comme un juge en colère, et non pas comme un Père aimant.
  • Nous manquons de confiance en l’efficacité du sacrifice de Jésus-Christ.
  • Nous oublions qu’en mourant nous suivons l’exemple du Seigneur.
  • Nous oublions que Christ a vaincu la mort.
  • Nous oublions aussi qu’il nous a précédé pour nous préparer une place.
  • Nous faisons peu de cas du lien inaltérable par lequel l’Esprit nous unit au Christ.
  • Nous pensons uniquement à ce que nous perdons en mourant, mais nous oublions les peines dont la mort nous délivre.
  • Nous ne voyons pas que la mort nous délivre des chaînes restantes de notre servitude au péché.
  • Nous n’enracinons pas notre pensée dans la félicité qui nous attend.
  • Nous pensons uniquement à la décomposition de notre corps, sans considérer sa résurrection future.
  • Nous ne pensons pas assez à la gloire à venir.
L’auteur s’efforcera à donner des remèdes à ces maux dans les chapitres à venir.

Aussi publié sur mon site consacré à la grande prédication chrétienne (ici).
On y trouvera également le facsimilé du texte ainsi qu’un enregistrement audio.

samedi 23 novembre 2013

Laurent Drelincourt - Sur la création du monde



Laurent Drelincourt (1625-1680) exalte la puissance du Créateur :

J’adore l’invisible et l’immortelle essence,
Qui, de ses propres mains, a bâti l’univers :
Je bénis l’Eternel, dont mille effets divers
Font éclater la gloire et la magnificence.

A tout ce qui respire il donna la naissance :
Il suspendit la terre, il étendit les airs :
Il fit les jours, les nuits, les étés, les hivers ;
Et du lambris des cieux forma le tout immense.

Mais, de quelle matière, et par quels instruments,
Composa-t-il, alors, ces riches bâtiments,
Qui nous font admirer sa puissance suprême ?

De rien tu fis ce tout, par ta divine voix,
Tout-puissant Créateur, tu trouvas en toi-même,
La substance, la forme, et l’ordre que j’y vois.


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Aussi publié sur mon site consacré à la grande prédication chrétienne (ici)

lundi 11 novembre 2013

Comment il ne faut pas prêcher - Placide



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Voici le quatrième portrait d’un mauvais prédicateur, extrait du traité « Comment il ne faut pas prêcher » de Napoléon Roussel (1857). Il s’agit de Placide. Méfiant à égard de la raison, ce prédicateur s’arrête à la lettre du texte biblique. Ses sermons sont de longs enchaînements de passages bibliques dont le seul élément de liaison est l’association de mots-clé.
« … ses citations ne se lient ni par le sens, ni par la tendance, mais par les mots. Ce sont des bouts de fil de toutes couleurs, longueur et grosseur, ajoutés les uns aux autres, et déroulés pendant une demi-heure ; fils de soie et d’or, sans doute, mais fils qui, noués de la sorte , perdent presque toute leur valeur ; un passage en chasse un autre, et le seul qui vous reste est toujours le dernier. »
Roussel donne un exemple savoureux d’un tel enchaînement de phrases :
« Nous méditerons ensemble, dit Placide, ces paroles de l’Evangile selon saint Mathieu : « J’ai retiré mon fils d’EGYPTE. » Mes frères, l’EGYPTE, c’est le monde, c’est BABYLONE, selon qu’il est dit dans l’Apocalypse : la ville qui s’appelle spirituellement Sodome et Egypte, où même NOTRE SEIGNEUR a été crucifié ; car, comme le dit saint Paul aux Corinthiens, NOTRE SEIGNEUR a été livré pour nos offenses, et il est ressuscité pour notre JUSTIFICATION ; et vous savez qu’ailleurs le même apôtre a dit : « Personne ne sera JUSTIFIE par les œuvres de la LOI. » En effet, la LOI donne la connaissance du PECHE, et le salaire du PECHE, c’est la MORT, la MORT ETERNELLE ; car il y a une MORT ETERNELLE comme il y a une VIE ETERNELLE. Selon cette déclaration, les uns iront à la VIE ETERNELLE et les autres au feu éternel, le feu dont il est dit qu’il ne s’éteint point et le VER, qui ne meurt point ; le VER qui ne meurt point, c’est le serpent, c’est SATAN, et SATAN signifie calomniateur, MENTEUR ; sans doute parce que le serpent à MENTI à Eve en lui disant : « Vous ne mourrez point, mais vous serez semblables à des Dieux. »
Bien entendu, vu que le prédicateur saute du coq à l’âne, sans avoir idée précise d’où il veut en venir, l’auditeur a du mal à suivre. Le discours s’arrête, non pas quand le sujet est traité, mais quand le temps imparti s’est écoulé.

Si les paroles de Placide sont bibliques, son style ne l’est pas, car les auteurs bibliques puisent leurs mots, leurs images, leur langage dans le contexte de leur époque ; ils « se servent des objets qui sont sous les yeux, sous les mains de leurs auditeurs ; et l’on peut supposer que d’après la même règle, Jésus, les prophètes et les apôtres, s’adressant aux Français ou aux Chinois de nos jours, leur eussent parlé d’opium et de chemins de fer. » Du coup, tisser un sermon d’aujourd’hui avec les mots et les images d’autrefois, c’est faire le contraire de ce qu’ils ont fait, « c’est conserver leur lettre morte et tuer leur esprit, c’est ajouter la difficulté de saisir la figure inconnue à la difficulté de comprendre l’objet figuré, et ainsi c’est donner des idées fausses ou rebuter les auditeurs ».

Roussel conseille de ne pas trop citer la Bible, mais de dire les choses en bon français, dans un style populaire et moderne, et d’insérer, de temps en temps, un mot biblique, qui du coup se trouve valorisé. Un trop plein de citations a l’effet contraire.

L’auteur estime que l’absence de méthode chez Placide a pour origine sa paresse intellectuelle ; le fait d’enfiler des phrases toutes faites permet de passer pour profond auprès de ceux qui ne comprennent pas ce langage, et de créer une impression de piété.

Placide risque d’ennuyer ses auditeurs, et ce qui est bien plus grave encore, de détourner les gens de l’Evangile. Roussel conclut :
« C’est bien assez que la sagesse de Dieu paraisse une folie à l’homme naturel, sans aller lui donner un aspect étrange ; et vous feriez bien mieux de vous donner un peu de peine pour la faire comprendre en style simple, dans ce style dont vous et tout le monde vous servez tous les jours ! »

Egalement publié sur mon site consacré à Adolphe Monod (ici).